mercredi 14 juillet 2010

Place de la concorde

Comment empêcher les voyous sans scrupules de gâcher ce moment de fête et de concorde nationale ?

A chaque fois qu’un jeune est abattu par un rival, qu’une automobile est incendiée, qu’un chauffeur de bus est agressé...

Dès qu'un enseignant est insulté, qu’un collégien est racketté ou qu’une voiture de police est caillassée...

A chacun de ces actes, c’est la Liberté, l'Egalité et la Fraternité qui meurent.

Oui, c'est vrai : chaque jour, des limites sont franchies au-delà desquelles la société se défait.

Devons-nous attendre que les dernières limites soient franchies, que notre société soit défaite ?

Ces quartiers et les enfants qui y grandissent ne sont que des fruits trop murs...

Ceux d’un développement où la quête du profit l’a emporté sur celle de l’harmonie sociale.

Raser des immeubles, emprisonner des caïds, éloigner des quartiers les enfants qu’ils utilisent...

Priver leurs parents d’allocations, renforcer les dispositifs de sécurité...Tout cela n’arrêtera pas le deal dans les quartiers.

La poursuite des auteurs des violences urbaines ne doit pas faire oublier la recherche des causes premières.

Qui a laissé se constituer des faubourgs aussi inflammables ? Qui attise les foyers qui les consument ?

Qui a promu les valeurs que portent les économies parallèles ? Qui a joué avec le feu ?

Tout le monde doit avoir le courage de poser ces questions. Chacun a le droit de chercher, d’exiger des réponses.

"Chaque jour, des limites sont franchies au-delà desquelles la société se défait". Jacques Chirac. 31 décembre 1997.

"Il faut empêcher les voyous sans scrupules de gâcher ce moment de fête et de concorde nationale". Brice Hortefeux 14 juillet 2010.

Notre société, tel un pompier pyromane, s’évertue à éteindre l’incendie dont elle est responsable.

J'ai raconté cette histoire il y a plus de dix ans. Rien n'a changé. On ne chasse que les petits voyous sans scrupules.

Encore combien d'artifices à la place de la concorde ?

Twitstory du 14 juillet 2010 entre 21 h 45 et 22 heures sur la TL de @christreporter

samedi 10 juillet 2010

Ceux qui comptent

La règle numéro 1 : même s'ils vous demandent des choses surprenantes, ne pas poser de questions. Répondre présent.

Il faut être capable dans ces moments-là de s'affranchir, de transgresser, de commettre des actes irréparables.

Parce que c'est comme ça : on ne donne pas cette possibilité à n'importe qui. On a réfléchi, on a choisi. On sait qu'il faut être présent.

La règle numéro 2 : ne pas se lamenter sur son sort parce qu'en dépit de cette fidélité, on reste sans nouvelles depuis des lustres.

Cette relation se moque des semaines, des mois, des années. Elle s'est affranchie de la temporalité de la vie elle-même.

C'est pour cela que les actes que l'on a pu commettre en application de la règle numéro 1 ne sont pas irréparables.

Règle numéro 3, la dernière : vivre chaque instant avec la certitude que ça n'était pas un sacrifice. Juste une reconnaissance.

Cette intuition forte n'était que l'expression d'une réalité : donner sans attendre en retour et s'émerveiller, un jour, de la réciprocité.

A mes amis, les vivants comme les morts.

Twitstory du 10 juillet 2010 entre 0 heures et 0 h 30 sur la TL de @christreporter

jeudi 8 juillet 2010

Le ciel ne transige jamais

Spectacle féérique ici à Tours entre le Nord et le Sud de la Loire : les cieux se déchaînent dans des orages telluriques.

Comme si une feuille de papier carbone venait de se glisser entre la terre et le soleil.

Les éclairs sont roses, les derniers espaces sans nuages virent au violet.

Voilà, maintenant que cette Mésopotamie entre Loire et Cher a viré à l'obscurité.

Quelques arcs électriques jaillissent à l'Ouest. Les oiseaux se taisent. Les bêtes se couchent. Les premiers grondements.

L'ocre au Nord, le bleu au Sud : l'artificier invisible double le rythme des fusées.

Le vent se lève, les chient commencent à aboyer. Le noir s'installe entrecoupé d'éclairs.

Les nuages n'ont pas encore craché leurs goutes, mais notre peau les sent déjà.

Les éclairs délivrent maintenant une lumière mille fois plus intense que celle du soleil.

Voilà, ça y est, enfin. Le ciel est en train de répondre à nos prières de fraîcheur, de vent frais et de pluie. Au centuple.

Nous avions souhaité un peu de clémence : nous avons une tempête ! Le ciel, contrairement aux hommes, ne transige jamais.

Twitstory du 8 juillet 2010 entre 22 h 15 et 22 h 45 sur la TL de @christreporter