mercredi 4 août 2010

Survivre

Ils vous demanderont l'impossible. Ils ruineront vos grasses matinées. Ils tomberont malades et vous aurez peur de les perdre.

Mais pour la plupart, ils survivront, parce qu'ils sont coriaces. C'est leur force : ils sont quasiment invincibles.

Ils vous renverront vos contradictions dans la gueule, sans prévenir, comme le plus intraitable de vos ennemis.

Ils auront la clémence de concéder à suivre votre justice quand vous aurez établi l'équilibre subtil d'une véritable démocratie.

Ils seront les meilleurs juges de vos qualités et les pires détracteurs de vos faiblesses. Mais qui d'autre ose se comporter ainsi ?

Une fois le temps nécessaire passé pour établir ce respect mutuel, il s'empresseront de partir. Car la vraie vie est ailleurs.

Les retenir serait pure vanité. Le but de cette histoire d'amour est d'en faire des femmes et des hommes libres, pas des esclaves.

Ils s'envoleront parce que ce qu'ils sont comme nous : de drôles d'oiseaux qui doivent migrer pour s'établir sous des cieux plus cléments.

Mais un jour, ils reviendront. Pas très longtemps. Mais ça n'est pas ce qui compte vraiment.

Ce qui compte, c'est que vous ayez pris le temps de leur apprendre que ceux à qui ils vont montrer le chemin ont les mêmes droits.

Celui de ruiner les grasses matinées, de se battre pour survivre, d'exiger l'équilibre subtil d'une démocratie...

Celui aussi de ne sacrifier aucune volonté sur l'autel des droits du sang. Nulle concession, nul renoncement.

Non, vouloir avoir des enfants n'est pas inconscient et ça n'est pas non plus une envie égoïste.

C'est l'expression du vouloir vivre de notre espèce. Du vouloir aimer de l'humanité. Du vouloir espérer des hommes libres.

Et quelle que soit la voie - procréation, adoption... - notre nature humaine trouvera toujours son chemin. Ou se perdra.

mardi 3 août 2010

C'était pas mieux avant

Quand j'étais gosse, le monde était moins dangereux. J'allais à l'école tout seul. Une fois même, j'y suis allé en pantoufles.

Mon grand frère avait les cheveux longs, fumait des trucs étranges, me faisait écouter les Beatles.

Un peu plus tard, quand les poils commençaient à nous pousser le long du menton, la quête d'un Playboy était une aventure périlleuse.

Le cinoche était rare. Et les films à la télé, à part le vendredi soir pendant que les parents dormaient, c'était les Gendarmes ou Fantomas.

Les premières amoureuses n'embrassaient pas avec la langue. Il fallait attendre des mois avant de toucher un sein.

Ensuite, franchir l'huis d'une pharmacie et trouver le courage de dire : "C'est pour des préservatifs", ça tenait de l'acte héroïque.

Voilà quoi. C'était la France des années 70. Les radios libres nous ont écarté les oreilles, Mitterrand est arrivé, on a rêvé de révolution.

Les lendemains ont déchanté. La gauche s'est mise au caviar. Le Sida a calmé nos ardeurs. Le chômage nos ambitions.

La peur a changé de tête : les terroristes ont remplacé les cocos. On a perdu le sens de l'orientation : l'Est et l'Ouest avaient disparu.

Et puis on a acheté des ordinateurs et des modems. Nous nous sommes connectés à d'infimes communautés.

Nos armes étaient le mail, puis le forum, puis les blogs. Dans le même temps, le monde est devenu moins romantique.

Mais en fait rien n'a changé. Nous parlons, apprenons, échangeons plus vite. Et nos enfants encore plus rapidement.

Quand j'étais gosse, le monde n'était pas moins dangereux. Simplement, je ne le savais pas. Non, ça n'était pas mieux avant.

Twitstory du 3 août 2010 entre 21 heures et 21 h 30 sur la TL de @christreporter

dimanche 1 août 2010

Racailles

Les racailles sont parfois des rats qui caillent. Certains restent des cas où qu'ils aillent.

On peut toujours railler leur cas, vaille que vaille. Ils cherchent à survivre, comme nous tous.

Ils n'en sont pas moins les enfants des parents de notre douce France. Ce sont nos parents qui avaient besoin d'eux.

Ne pas être capable aujourd'hui de les accepter, avec leurs défauts, leur violence parfois,c'est cracher sur notre histoire.

Ceux qui transforment la mémoire, qui nous font croire que l'ethnie est la faute, ne sont plus dignes de parler en notre nom.

Ils crachent sur nos parents, sur notre passé, notre histoire. Ils n'ont plus le droit de parler en notre nom.

Dans les mines, dans les forges, dans les filatures, leurs parents ont donné de leur temps, de leur vie parfois.

L'injustice ne sera jamais une réponse à l'injustice.

Twitstory du 1er août 2010 entre 23 heures et 23 h 15 sur la TL de @christreporter