jeudi 15 avril 2021
Jardin
Que l’on soit une grande asperge avec une drôle de binette, bête comme chou, cornichon, courge, gland avec rien dans le ciboulot ou jolie fleur qui fait florès ; que l’on soit fauché comme le blé parce qu’on l’a mangé en herbe ou qu’on en ait derrière les fagots sans trop bûcher pour mettre du beurre dans les épinards, le jardin nous renvoie à une certitude : le ver est dans le fruit et la vie nous fait la figue. On se prend des coups de bambou, on glisse sur des peaux de banane, on se faire secouer le cocotier, on se fait courir sur le haricot. Et ça ne s’arrangera pas. Il faut le dire sans langue de bois : un jour ou l’autre, on finira par sucrer les fraises, charrier dans les bégonias, yoyoter du bulbe. Sec comme un caroube, pressé comme un citron, pâle comme une endive, les carottes seront cuites et on ira manger les pissenlits par la racine. En attendant, cultivons notre jardin !
lundi 29 mars 2021
Syndrome
Vaccinodrome… Les temps changent. Les loisirs du week-end aussi. Jadis, il faisait bon aller à l’hippodrome regarder courir les chevaux, au cynodrome vérifier si les toutous tenaient la corde aux canassons, au vélodrome voir si les petites reines filaient toujours droit, au boulodrome taquiner le cochonnet ou à l’autodrome écouter vrombir les belles mécaniques. Exceptionnellement, on admirait les aviateurs et leurs prouesses acrobatiques dans les aérodromes. Les plus fous d’entre nous allaient même dans les cosmodromes pour vérifier si l’homme était capable de décrocher la Lune. Les intellectuels allaient à Noyon chercher du palindrome et les amoureux se retrouvaient dans les baisodromes. Mais peut-être que ces constats ne sont que les prodromes d’une nouvelle maladie, le syndrome du « c’était mieux avant ».
mercredi 10 février 2021
Pif
Dire que des gens sont payés pour rédiger des notices ! Une jeune américaine a posté, en fin de semaine dernière, une vidéo expliquant qu’étant à cours de son gel pour cheveux habituel, elle avait utilisé de la colle extraforte comme substitut, sous forme de spray. Résultat : elle s’est retrouvée avec les cheveux efficacement plaqués sur le crâne… et au bord des larmes sur les réseaux sociaux où tout le monde a donné son avis et où une collecte a été organisée pour financer l’inévitable opération chirurgicale. Les temps changent. Jadis, on lisait la notice avant d’utiliser un produit. Et puis on a inventé Internet. Mieux que les notices, on s’est mis à chercher des tutos pour utiliser un produit dans des conditions optimales. Maintenant, on utilise un produit au pif en se disant que si ça tourne mal, on ira crier au secours sur les réseaux sociaux… Et ça marche !
Inscription à :
Articles (Atom)