vendredi 12 avril 2013

L'arrière-boutique

Dis-moi ce que tu as, je te dirai qui tu es : il faut que nos élus mettent leurs dessous dessus et leurs sous sur la table. L'argent, la thune, le pognon, le flouze, le blé... Oui : le sujet qui fâche. On notera d'ailleurs que dans un glissement sémantique probablement destiné à épargner ceux qui n'en ont guère, on ne parle plus de fortune, mais de patrimoine.

Nouvelle tartufferie médiatique ou élan de transparence destiné à sauver la vertu d'une parole politique pervertie par les mensonges de Jérôme Cahuzac et des autres avant lui ?

La question divise la classe politique, dans la majorité comme dans l'opposition, sous l'œil goguenard des extrêmes qui s'imaginent déjà se repaître en 2017 des reliefs de ce déballage dévastateur.

Qu'importe : le mal est fait. L'argent des autres, surtout quand ils sont réputés tous pourris, fascine toujours les Français et une fois la marchandise déballée, le chaland se rince l'œil, quitte à en oublier que le fond de l'affaire – assainir la vie politique – est resté dans l'arrière-boutique.