jeudi 22 mars 2012

Condition humaine

"Ces crimes ne sont pas ceux d'un fou. Un fou est irresponsable.
Ces crimes sont ceux d'un fanatique et d'un monstre."

L'humanité, c'est notre condition, même quand elle cesse de l'être. Et très régulièrement ressurgissent des monstres au beau milieu de la civilisation (désolé d'employer cette expression assez galvaudée ces derniers temps). On ne peut rien y faire ? C'est comme ça ?

J'en sais rien. Ce dont en revanche je suis certain, c'est que la monstruosité se nourrit et que quand on lui coupe les vivres, elle crève. Car oui, je suis de ceux qui pensent que nous sommes au moins le produit de nos conditions matérielles d'existence. Au moins, car en plus, on peut avoir la chance de disposer d'un libre arbitre quand les conditions culturelles et intellectuelles ont elles aussi été favorables.

Reste évidemment la part infime des maladies mentales graves qui peuvent rendre invisible la monstruosité à ceux qui en sont atteints.

Cela dit, quand le patient a pris une balle dans la tête, l'expertise psychiatrique devient particulièrement difficile. D'où l'intérêt de choper les criminels en vie : ça donne la possibilité de voir comment ils fonctionnent à l'intérieur. Cette sorte de tri entre l'inné et l'acquis qui précisément permet de mieux connaître notre condition humaine.

"Chercher une explication" au geste d'un auteur d'assassinats n'est pas une "faute morale" : c'est l'expression de la curiosité légitime des hommes qui ne veulent pas devenir des monstres.