mercredi 18 avril 2012

Faciès

Nous vivons dans la société du contrôle au faciès depuis si longtemps. C'est devenu normal.

Nous consommons les produits qui ont de la gueule, épousons les conjoints qui ont l'air convenable, votons pour les candidats qui semblent les mieux qualifiés.

Sur quels critères ? Un seul : leur couleur, leurs courbes, leur bonne gueule.

Et comment s'en fait-on une idée juste ? Comme ces choix sont atrocement cornéliens, ils est plus simple de les déléguer à d'autres en qui nous plaçons notre aveugle confiance. Médias, instituts de sondages et autres grands prescripteurs d'opinion sauront mieux que nous y voir clair.

Forcément : le libre-arbitre n'est pas un produit de consommation ordinaire. Il ne se trouve pas dans la grande distribution, ni même dans les produits de luxe. C'est un article qui se bricole, à la maison, selon son inspiration, son talent, sa culture, son habileté, sa patience. Bref, ça coûte des efforts et ça prend du temps.

Et comme le temps, c'est aussi de l'argent, les marchands de libre-arbitre prospèrent.

Je crois qu'au final, ce temps-là n'est pas perdu, qu'il ne s'achète pas et qu'il ne doit pas être à vendre. Il vaut la peine qu'on le prenne.

Prenez le temps d'y réfléchir. Ça ne vous coûtera rien ou presque. Ça vous permettra aussi de reconnaître, dans le miroir, chaque matin, ce faciès qui est le vôtre.