jeudi 10 mai 2012

Mon rêve familier

Je sais bien que beaucoup de sujets sont plus important que celui-ci, mais moi, ça fait partie des choses qui me précoccupent. D'accord : la pipolisation de la vie politique est une dérive affreuse, inventée pour faire illusion. Une sorte de nouvel opium du peuple dans un monde où la messe cathodique célèbre les nouveaux dieux de l'image.

Mais mon métier de journaliste, ça n'est pas d'exprimer des jugements de valeur. Je les laisse, ici ou dans mes livres, à l'auteur. Le journaliste se penche donc depuis le 6 mai sur ce phénomène appliqué à Valérie et François, comme il l'avait fait avant avec Ségolène et François, Cécilia et Nicolas, Carla et Nicolas. Avec la même distance et la même rigueur. J'ai commencé mercredi et continué aujourd'hui, avec une interview de mon cher Christophe Carron (@krstv pour les intimes) et une autre de ma chère Besma Lahouri.

Entre les deux, j'ai glissé un tout petit commentaire, que voici :

"Hors mariage, Valérie Trierweiler reste une femme libre de s'épanouir. Des noces risqueraient, en la plaçant à l'ombre d'un mari, de la priver de lumière. Et puis des épousailles en plein quinquennat, comme Nicolas et Carla, ça ne fait pas vraiment changement. Or ils l'ont promis tous les deux : le changement, c'est maintenant. Première compagne prendrait alors presque davantage de sens que première dame, qui n'en a aucun. Comme pour lui permettre d'être ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre."

Les plus lettrés d'entre vous - et je sais que vous êtes nombreux - auront reconnu la référence dans la chute. Oui, c'est du Verlaine. Ce fameux poème saturnien dont la mélodie résonne inconsciemment dans toutes les têtes.

Bref. Juste pour dire que moi, même si le traitement de la pipolitique, c'est aussi mon métier, ça ne me dérangerait pas que la nouvelle présipeauté alimente moins la chronique que la précédente. Tiens, d'ailleurs, je crois même que c'est mon rêve familier à moi.