mercredi 8 juin 2016

Camp

En ces temps où toutes les communautés se protègent et attaquent ceux qui font mine de les agresser, bien malheureux sont ceux qui ne se sentent appartenir à aucune.

Imaginez la situation. On peut avoir des racines franco-chamarrées et se sentir ni blanc, ni noir. Dès lors, quels racistes - les antiblancs ou les antinoirs - vont bien pouvoir vous regarder de travers ?

Il est aussi concevable de n'avoir pas vraiment choisi son appartenance sexuelle, auquel cas on peut se sentir agressés par les propos homophobes aussi bien qu'hétérophobes.

Et je ne vous parle pas des panthéistes spinozistes, pour lesquels chaque chose de ce monde fait partie d'une divinité totale, qui doivent avoir bien de la peine à s'y retrouver dans le débat sur la laïcité.

Bref, se sentir obligé d'en choisir un donne vraiment envie de ficher le camp.

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Billet initialement publié ici.