samedi 29 août 2015

Exode

Alors que la Méditerranée vit un drame dont l'Europe doit assumer les conséquences, par un curieux détour sémantique, nous collons encore aux faits l'étiquette « migration ».

Drôle de pudeur langagière. Comme s'il s'agissait d'opportunistes attirés par nos paradis sociaux… Non. Ces pauvres gens étouffés dans des camions à volaille ou naufragés dans des bateaux d'infortune ont fui l'horreur, la tyrannie, la monstruosité, la barbarie, l'horreur, l'arbitraire, la dictature… Qui n'en ferait pas autant ?

Nous en connaissons, nous aussi, des exilés. Et pas que des fiscaux. Que serions-nous devenus si l'Angleterre avait refoulé aux frontières un certain Charles de Gaulle ou si Albert Einstein était mort en exil ?

Ne devons-nous pas être fiers d'avoir accueilli Marc Chagall, Maria Casarès ou Milan Kundera ?

En tout cas ne parlons plus de crise migratoire. Nous sommes confrontés à un exode.

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Billet initialement publié ici.