mardi 18 octobre 2011

Tant

Il faut laisser du temps au temps, même quand, toutes antennes déployées, pris dans l'immédiateté, on se sent irrité par des parasites. Il se peut que ce soit juste un brouillard électronique qui brouille l'image. Bref : savoir rester sage quand on prétend l'être.

C'est probablement ce manque de sagesse qui explique la fixation du CSA sur le PS : pourtant réputé indépendant, il se retrouve sur la même longueur d'ondes que certains politiques.

La primaire socialiste n'aurait été inventée que pour s'emparer du pouvoir médiatique, remplir les lucarnes, occuper le terrain jusqu'aux derniers pixels des quatre coins de l'écran. D'ailleurs, il s'est même murmuré que ça n'était pas le PS qui avait conçu le programme, mais une société de production de téléréalité.

Cela dit, c'est assez effarant d'entendre aujourd'hui quelqu'un se plaindre de ne pas savoir où trouver un poste dans lequel causer quand on voit l'augmentation vertigineuse de l'espace médiatique ces dernières années.

Oubliée, l'antienne hertzienne. Elle est révolue, l'époque où la voix de la France et celle des ondes ne faisaient qu'une. Tant de temps de parole et tellement de chaînes... C'est un peu le far west : l'espace médiatique semble s'étendre à l'infini et il faut le conquérir en permanence.

A croire, même qu'aujourd'hui, pour ne pas se retrouver dans le journal de Claire Chazal ou de l'un ou l'autre de ses collègues - pour peu qu'on dispose d'un minimum de notoriété - il faut vraiment être allergique aux caméras. Ou n'avoir rien d'intéressant à dire. Ou avoir enchaîné tellement de mauvaises audiences sur les programmes précédents que plus personne n'a envie de vous entendre.

La loi de l'audimat est cruelle. Les chaînes sont impitoyables et le public ingrat. C'est comme ça. C'est la loi du marché audiovisuel et, hormis quelques irréductibles gauchistes, tout le monde s'y soumet et beaucoup la promeuvent. On ne va tout de même pas se mettre à regretter les messes cathodiques des antennes d'antan. Si ? Vous m'en direz tant.