vendredi 8 octobre 2010

Nos larmes

Je n'ai pas envie de vous raconter cette histoire. J'ai tellement cru qu'on pouvait apprendre à aimer vivre autrement

J'ai longtemps cherché la mort. La violence, les coups, les larmes et la tristesse ont pavé les sentiers de mon enfance

C'est un chemin qui se dessine comme à l'infini. Un puits qu'on pressent sans fond. Mais on finit toujours par toucher le dur

Ce moment d'absolu désespoir où on sait qu'on a plus peur d'en finir pour de bon, où la fenêtre du 18e étage devient un espoir

Oui, j'ai un jour tenté de mettre fin aux miens. A cause d'une successions d'amours impossibles, de renoncements, de peines, d'abandons

Je me suis retrouvé suspendu dans le vide, retenu par la force de ce que je ne voulais plus vivre

Je ne sais pas comment on ne se relève de ce genre d'épreuve. On met des années à s'en remettre, à ressasser des questions

On ne s'en tire vraiment qu'en harcelant sa propre conscience. On ne revoit la lumière qu'en traversant l'obscur

On verse l'océan des larmes de son corps jusqu'à plus soif. On y noie ses démons. On apprend même à remonter à la surface

On trouve soudain une aisance. On surnage. Puis on nage. On respire. On vit. Oui, nos larmes nous portent

Nous nageons dans cet océan de larmes, oui, et c'est en refusant de les pleurer qu'on risque de s'y noyer

Twitstory du 8 octobre 2010 sur la TL de @christreporter