vendredi 24 mai 2013

Juste un détail

Bien que particulièrement horripilé par la façon dont les valeurs de notre république se désagrègent un peu plus chaque jour, je ne vais pas pousser un coup de gueule. Ça n'est pas mon style et je n'en ai plus l'âge.

Non, je vais juste mettre en perspective ces deux ou trois dérives qui, ces derniers temps, ont poussé un peu loin le bouchon de l'exaspération dans les eaux calmes de mon long fleuve tranquille.

Nous sortons à peine (un an c'est court) d'un quinquennat dont on retiendra qu'il aura consacré la peur de l'autre comme valeur suprême du populisme gouvernant. Les roms qui sont passés du vol des poules à celui des smartphones, la menace terroriste pour transformer tout musulman près de chez vous en djihadiste potentiel, le Chinois qui nous tue parce qu'il travaille pour moins cher... On nous a tout fait. Même la justification des alliances UMP-FN par l'agitation du chiffon rouge de ces socialistes qui ont pris le pouvoir grâce au soutien des staliniens.

Le bruit et les odeurs de Chirac, les pains au chocolat de Copé... Manquait plus que le péril pédé, l'espèce menacée par la reproduction des homosexuel(le)s.

Faut quand même être sacrément obstiné dans l'exercice de la connerie pour imaginer survivre en continuant à s'enfermer dans des théories mortifères. Parce que franchement, là, de l'opposition au mariage pour tous, qu'est-ce qui reste ? Le suicide d'un idéologue brun devant l'église la plus touristique de France et la peur de sortir mener ses troupes sur la place publique de celle qui s'est autoproclamée leader de la révolution pour l'avenir hétérosexuel de l'humanité. Tout ça pour un texte que, dans quatre ans, l'opposition, si elle arrive au pouvoir, aura le droit de défaire ?

Reste que si la droite revient aux affaires en 2017 et qu'elle abroge le mariage pour tous, elle devra gérer un épineux problème. Car pendant ces quatre années, les homos mariés auront eu des enfants. Combien ? 10.000, 100.000 ? Je l'ignore.

J'espère juste qu'on évitera de parler de camps, parce qu'après les musulmans, les manouches et les communistes, ça va devenir difficile de faire passer tout ça pour un détail de l'histoire.