mercredi 24 novembre 2010

Chronophage

J'ai rejoint Twitter, sur le tard, il y a 684 jours. Et je suis seulement en train de comprendre le sens de la chose

J'ai pris le temps de lire beaucoup de conneries et de rares analyses pertinentes sur les réseaux sociaux. Je me rappelle tout

C'est drôle, cette sorte de fil conducteur : le walkman devait nous rendre tous sourds, les jeux vidéos idiots et la télé incultes

La terreur majeure des réseaux sociaux, le risque menaçant l'humanité qui s'y aventure serait la perte de temps et de repères

Les minutes passées à lire ce que pensent d'autres êtres humains, à s'informer auprès reste du monde du cours des choses serait gaspillage

Cela fait donc pourtant 684 jours que je me prête à cette inutilité avec la conviction de n'avoir jamais perdu ni mon temps, ni mon âme

Je veux bien qu'on me dise que la distance numérique peut induire en erreur, que les avatars sont des leurres

Pourquoi pas, les pseudonymes sont une forme moderne de lâcheté innommable, l'expression ultime d'une irresponsabilité absolue

Reste que j'ai rencontré ici, URL, en près de deux ans, davantage de monde que pendant les 44 années de ma vie IRL

De tweets en rendez-vous en passant par les DM, de véritables fulgurances m'ont été offertes sans rien demander. De belles amitiés, aussi

Evidemment nous ne sommes que des cobayes de première génération qui testons la réseausocialité appliquée à l'espèce humaine

On sait bien ce que ça donne chez les fourmis, tout aussi bien que chez les abeilles ou les bancs de poissons, mais l'humain, pas trop

Mais je ne crois pas qu'utiliser un outil pour aller au devant des autres soit comme on le dit assez communément "chronophage"