lundi 8 novembre 2010

Prendre

Manger et aimer. C'est ce qui me maintient en vie. Le tout avec plus ou moins de modération, selon l'humeur, l'envie

J'ai toujours été sidéré, d'ailleurs, par cette sorte de parallèle entre la cuisine et l'amour : donner, recevoir

Ce même plaisir, cette même envie de faire des choses bonnes, de se partager les plaisirs de la langue

De les incorporer ensuite. Autrement dit de les faire pénétrer dans nos chairs, de les laisser s'installer à l'intérieur de nous

Le tout en n'oubliant jamais que celui ou celle qui nous donne ce bien a pris du plaisir à le faire, en imaginant le nôtre

La chose aussi en ayant présent à l'esprit que celui ou celle qui reçoit ce bien éprouve de l'amour pour celui qui lui donne

Tout cela se mélangeant, au point que les plaisirs, du cuisinier, de l'amant, du convive ou de l'aimant se confondent

Quand ce moment de grâce est atteint, autour d'une table ou dans un lit, on mesure ce qui nous maintient en vie

Les verbes donner et recevoir alors se confondent, car ils participent du même sentiment. Ensemble, ils résistent au verbe prendre

Nous ne pouvons prendre que ce qui nous est offert ; celles ou ceux qui aiment que nous les prenions, en aimant qu'ils nous prennent aussi