lundi 21 mars 2011

Châtaignes

Je vais laisser le soin au personnel politique, aux analystes, aux sondeurs et aux chroniqueurs de tirer les enseignements de ce nouveau record d'abstention atteint au premier tour des cantonales. Pour ma part, j'ai déjà donné mon point de vue.

Maintenant, je m'interroge, confortablement assis au pied d'un marronnier : n'est-il pas temps d'accélérer un peu la mise en oeuvre du vote électronique. Alors bien sur comme d'habitude quand on évoque cette question, les détracteurs labourent les pâturages du débat et déterrent leurs solides arguments.

1. Les électeurs français ne sont pas tous équipés. Cela dit, 64 % de foyers, c'est quand même pas négligeable. On laissera le tiers restant aller aux urnes.

2. Le vote électronique n'est pas au point. Rien ne vaut la méthode à papa - à la main - qui fait ses preuves depuis deux siècles. Pourtant ça fait un moment que des gens compétents y réfléchissent.

3. Techniquement, c'est compliqué, le risque de fraudes... Et la télédéclaration des impôts ? Et les actes administratifs ? Et la gestion des comptes bancaires ? C'est un échec ?

4. Argument de principe : la migration périodique du corps électoral vers les isoloirs est un acte civique, une sorte de transhumance politique qui nous différencie du bétail. Ce à quoi j'ai envie de répondre que des trois fondements de la citoyenneté - la conscription, la soumission à l'impôt et le droit de vote - ne subsiste dans sa forme archaïque que ce dernier.

Bref, voilà. Je sais bien que ce sujet est un marronnier qui bourgeonne au lendemain de chaque élection et je crains que personne n'ose vraiment le secouer, probablement de peur de prendre des châtaignes sur le coin de la tête, ce qui est somme toute très gaulois.