vendredi 4 mars 2011

Des accords

J'ai mis du temps à comprendre ce qui m'avait vraiment emmerdé une fois de trop dans cette dernière soirée des victoires de la musique. Je me méfie toujours de mes réactions épidermiques.

Pour oublier le traumatisme, j'ai bu un peu et écouté des choses qui sonnent mieux à mes grandes oreilles. Comme annoncé, du Soft Machine, du Doors et du RHCP.

Au fil des morceaux et des degrés d'alcoolémie, j'ai fini par entendre les dissonances : j'étais en train d'écouter des formations après m'être infligé des individus. Parce que oui, nostalgie, âge de mes artères... comme vous voudrez, voilà. Je crois que j'aimais cette époque où il fallait que dans les groupes ça gueule pour créer.

Je ne vais pas vous refaire l'histoire du rock, mais en résumé, des musicos se rencontrent pour faire un truc ensemble. Ils ont des égos énormes, des personnalités monumentales, mais une fois les machins branchés, l'exercice imposait que chacun l'écrase pour trouver un sens, un son, une harmonie, un rythme...

Ce qui me tue, c'est comment on continue de parler de musique alors qu'on nous vend des gueules. Des Stars. Des vedettes. Des révélations. Des artistes de l'année. Et les musiciens ? Interchangeables. Remplaçables. Enregistrables. Inutiles.

Moi, ce que j'aime dans la musique, c'est quand ça s'engueule. Je déteste quand ça sent sa gueule. J'aime les accords qui subliment les désaccords.