dimanche 21 août 2011

Poudre

Entre la poudre aux yeux et ceux qui y mettent le feu, l'histoire de notre civilisation est explosive.

Certains misaient, voici quelques décennies et de sinistre mémoire, leur peu de capital sur la dénonciation de "races inférieures" pour se refaire une santé politique. Un moteur à gaz qui a effacé de la surface de la planète des millions de femmes et d'hommes qui ne demandaient qu'à y vivre.

Mais ces horreurs sont lointaines, maintenant, nous dit-on. L'humanité, qui avance toujours dans le bon sens, se serait civilisée, assagie, modérée. Devant un tel étalage de folie, elle aurait appris à raison garder. J'ai des doutes.

Je vois ici des formations politiques prospérer en se nourrissant de la crainte que les puissants dictent aux misérables. Juste à côté, d'autres, voisines, jouent de cette peur que les faibles inspirent aux forts dès qu'il se mettent à s'interroger sur la juste répartition des richesses.

Les fins de races agitent aussi la menace que le métissage fait peser sur la pureté de leur espèce. L'étranger, non content de vider les poubelles des autres, voudrait remplir son propre frigo.

Bref, ce qui m'inquiète, c'est de ne plus saisir dans l'argumentaire de nos politiques qu'une offre de trouille. Celle que les uns inspirent aux autres et vice-versa. Je sais bien que la plateforme anxiogène permet de vendre de la poudre de perlimpinpin à des cancéreux. Mais quand ceux qui nous gouvernent ou qui prétendent y parvenir s'y mettent, c'est celle d'escampette que j'ai envie de prendre, avant que ça nous pète à la gueule.