jeudi 9 juin 2011

Réalité augmentée

Voilà. Ce petit blog souffle sa première bougie et ça m'a donné envie d'expliquer à ceux qui débarquent où ils ont mis les pieds.

Il y a 365 jours, donc, j'avançais à tâtons sur Twitter depuis un an. Comme beaucoup, sans trop savoir quoi en faire ni ce que j'y faisais vraiment.

Comme je suis un vieil internaute, je ne faisais qu'essayer de parfaire ma connaissance des évolutions du Web, histoire d'être un minimum capable de répondre aux questions de mes enfants, dont la naissance est postérieure à celle du Net.

J'ai probablement perdu des heures à écrire des choses parfaitement inutiles, au milieu desquelles d'autres moins mauvaises m'ont permis de lier contact avec des gens biens qui sont toujours là (je profite de l'occasion pour leur claquer une bise inestimable).

Des très célèbres qui ne tweetent maintenant plus et puis des inconnus devenus influents depuis : le monde comme il est et les destins comme ils se croisent.

Bref, un soir, frustré comme tant d'autres par le carcan des 140 caractères, j'a décidé d'exploser le format et de raconter des histoires. Des tweets à rallonges, comme le dit si bien mon vieux camarade de promo Vincent.

Une ou deux Chimay aidant, je me suis envolé dans une narration tweetestque (toujours d'actualité, d'ailleurs) qui, j'en étais alors convaincu, devait finir par me faire détester définitivement par ma minuscule communauté et me convaincre de supprimer ce compte qui me bouffait tellement de temps.

Mais ça ne se passe jamais comme on le prévoit. Au fil de l'histoire le nombre des followers a surpassé celui des unfollowers pour me faire toucher en plein récit la barre diabolique des 666. Je m'en souviens comme si c'était hier.

Moi dont le métier est de prendre du temps et du recul pour composer des papiers et des livres, j'ai pris plaisir à éprouver une nouvelle forme d'écriture : le direct, sans prompteur ni correction, avec la critique des lecteurs en temps réel. C'était le concept de chaque #twitstory : produire un texte au fil de la pensée.

Et j'ai aimé ça, au point de continuer, de livrer pendant des semaines des histoires immédiates, sans me poser de questions sur la façon dont elles étaient reçues, sans me soucier de perdre plus que de gagner.

Certains vous diront que j'ai pourri leur TL. D'autres confieront qu'ils me reprochaient de ne pas être là le soir pour leur raconter mes délires.

J'ai probablement écrit deux ou trois choses intelligentes au milieu d'un monceau d'inepties. En tout cas, ça m'a permis, comme toute forme d'écriture, de régler des comptes. Probablement surtout avec moi-même. Et je me suis réveillé un matin en me disant qu'il était temps d'arrêter l'aventure pour reprendre une activité normale.

Je ne sais pas ce qui en restera, ni de quoi demain sera fait. Je ne retiens qu'une chose : ce périple 2.0 aura prodigieusement augmenté la réalité du nombre des êtres humains susceptibles de changer ma façon de voir le monde.