mardi 8 juin 2010

Je soutiens Laurence Ferrari

Je vais encore me faire chambrer par mes collègues et probablement aussi par mes lecteurs.

Agacé par les procès vite menés, les cabales à deux balles, j’ai une fois de plus pris sa défense.

Parce que que je lui fais confiance. Elle est là tous les jours, elle se débrouille comme elle peut avec notre quotidien.

C’est jamais simple, entre les petites misères et les vrais drames, de passer d’une affaire à l’autre.

J’ai une fois de plus pris sa défense, parce que les blagues sur les blondes, ça me fait sourire, mais à force, ça lasse.

Je me dis que mener comme ça sa vie de femme et de mère, dans le tumulte du monde en furie, même bien payé, je ne l’aurais pas fait.

Quand on est une femme, se farcir un boulot de mec, remplacer un vieux beau jaloux qui vous glisse des peaux de bananes, ça doit être lourd.

Et puis ces blagues salaces, sur la coiffure, le maquillage, le tailleur, la façon de parler.

J’ai bien aimé quand elle a énervé Frédéric à propos de Roman.

J’en ai voulu à Nicolas de lui balancer son salaire à la tête quand elle lui demandait si Henri n’était pas payé trop cher.

Prendre l’avion pour aller interviewer une terreur infréquentable, quand on est enceinte, fallait le faire.

Oui, elle a dû mettre un foulard sur ses cheveux. Parce que c’est la loi : là-bas, pas de voile, hop, en prison.

J’ai vu et entendu, comme tout le monde. Elle a posé les questions qui se posaient. C'est son métier. Elle l'a fait.

Elle n'avait pas de Kalashnikov pour le forcer Mahmoud Ahmadinejad à répondre sans mentir.

Elle en a profité, après, pour relancer des demandes de reportages pour que des collègues de sa boutique puissent travailler.

Alors oui. J’ai trouvé ça bien. Et tant pis si je dois encore me faire chambrer par mes confrères et mes lecteurs.

Demain, je vais dire tout le bien que je pense de Laurence Ferrari.

Twitstory du 8 juin 2010 entre 21 heures et 21 h 30 heures sur la TL de @christreporter